Le Portugal fait quelque chose de remarquable avec ses arts et métiers traditionnels : il leur donne une place officielle dans la vie professionnelle moderne.
Un artisan au Portugal peut demander une reconnaissance formelle par l'État et recevoir une Carta de Artesão, ou Carte d'artisan. Il existe un Registre national de l'artisanat et un catalogue officiel définissant les activités que le Portugal reconnaît comme des professions artisanales. Ce ne sont pas des titres honorifiques créés pour le tourisme. Ils font partie d'un système national établi dans la loi portugaise pour reconnaître et soutenir les personnes qui pratiquent activement les métiers traditionnels.
La reconnaissance est étonnamment spécifique. Dans le domaine de la céramique, le Portugal distingue des activités telles que l'azulejaria, la peinture céramique et la décoration céramique. Et l'artesanato lui-même est explicitement reconnu par la loi fiscale portugaise comme une activité économique, tout comme le système fiscal classe formellement le travail des architectes, ingénieurs, peintres, musiciens et autres professions.
Il y a quelque chose d'important dans cette approche. Une tradition n'est pas préservée simplement parce qu'un vieil exemple survit derrière une vitre. Elle survit quand quelqu'un apprend encore à la fabriquer, quand quelqu'un d'autre trouve une nouvelle raison de s'y intéresser, et quand une autre génération décide qu'elle mérite d'être transmise.
Cela laisse de la place à la préservation et à l'expérimentation, à l'ancien et au nouveau.
Les traditions artistiques portugaises n'ont jamais cessé d'évoluer, et le travail contemporain peut être un chapitre de plus dans cette histoire. Nous aimons penser qu'il y a assez de place dans la tradition de l'azulejo portugais pour l'histoire, la beauté et l'artisanat... et parfois, un OVNI avec un très bon goût pour les pâtisseries.